Caroline Torelli

Projet : les vents du tombeau (co-écrit avec Augustin Mas )

Caroline Torelli

Née dans le Nord de la France avec un patronyme qui sent le Sud de l’Europe, Caroline s’est longtemps inventée des origines espagnoles. C’était chouette d’imaginer les aïeules danser avec la robe à volants en claquant des castagnettes. Et puis un jour elle a appris que non, Torelli c’est italien en fait, rien à voir avec Carmen (qui elle même n’avait pas grand chose d’espagnole mais passons).

Un instant déçue, elle rebondit et imagine ses ancêtres quitter La Sicile pour tenter leur chance vers le nouveau monde. Elle pleure devant « Le Parrain » car oui, ce qui se joue là c’est son histoire, c’est son sang (son imaginaire adhère aux clichés en vigueur comme quoi tous les italiens auraient un sens de la famille très… développé). Sauf que non, on lui annonce que Torelli c’est Piémontais, pas Sicilien. Et c’est la frontière qui s’est déplacée de l’autre côté de Nice, pas ses aïeux qui se trouvaient très bien, eux, installés à Villeneuve Loubet.

La leçon est retenue : pour raconter de bonnes histoires, il est parfois utile de se détacher du réel, ce qu’elle fait avec application en lisant du matin au soir. Ce qui est pratique avec la lecture c’est que les adultes n’arrivent pas à te dire d’arrêter, même si tu es censée faire tes devoirs ou la vaisselle. Elle arrive ainsi à l’âge de 18 ans sans trop se souvenir si c’est elle ou Rastignac qui eu cette idée saugrenue de descendre à la capitale… Et puis une fois qu’elle y est, vu qu’il n’est pas question de regarder la fameuse réalité en face, elle joue la comédie avec bonheur pendant une dizaine d’année. Ecrire ? Elle fait l’autruche. Ca à l’air compliqué, parce que quand même ses lectures de Gary, Artaud et Michaux lui mettent sacrément la pression. Mais écrire au plateau, avec les copains, c’est différent. On écrit sans s’en apercevoir, un travail collectif. Et puis un jour le texte devient support pour l’écran, ce n’est plus une pièce : c’est un premier scénario. On recommence en faisant exprès. L’envie vient d’en faire un métier. Et comme il paraît qu’un métier ça s’apprend, elle passe le concours du CEEA et depuis ne s’arrête plus de tapoter sur le clavier. Ecrire des histoires qui vont s’animer, c’est le bonheur. Pour de vrai.